Archives mensuelles : février 2015

La route des Andes version non-touristique


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En Partant de la Cordiellera Blanca

Pour partir de Huaraz et rejoindre le sud nous avons deux solutions:

– Option 1: Prendre un bus de nuit jusque Lima (où l’on ne souhaite pas vraiment faire étape) puis faire 24h de bus pour rejoindre Cusco et la Vallée Sacrée = Parcours touristique.

– Option 2: Prendre 5 jours pour passer dans les terres par les routes les plus imprévisibles, les plus sinueuses, vertigineuses, (dangereuses) et non touristiques du pays.

Bien sûr nous optons pour l’option 2!!

A vos cartes ! Car même si Mister Google oublie quelques routes, nous allons les emprunter.

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Faire une réserve de bois ! Stock de bois de la boulangerie la plus réputée d’Ayacucho

Nous avons donc pendant 5 jours traversé des paysages magnifiques qui paraissent inaccessibles, passé de 4000 mètres d’altitude où le vent rabat les oreilles des alpagas et où l’herbe est rase et sèche; à des vallées chaudes et verdoyantes jonchées de bananeraies et de cannes à sucre, en passant par des pentes abruptes où seuls les cactus poussent (cultivés mais nous y reviendront plus tard).

Les distances kilométriques sont courtes entre chaque ville mais les temps de route sont à rallonge (en gros on sait quand on part mais on ne sait pas quand on arrive!)

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Ayacucho

Depuis Huaraz nous sillonnerons de grandes plaines pour sortir de la Cordiellera Blanca et nous éloigner des glaciers et sommets enneigés pour arriver dans le trou du cul du Pérou : La Union où nous embarquons dans un 4*4 pour descendre et rejoindre la chaude et poussiéreuse Huanuco à la frontière de l’Amazone et des Andes. (les photos sont bloquées dans l’ordinateur)

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On fait des réserves de nourriture avant de partir du Huancayo

Nous repartons dans la foulée pour Cerro de Passo, une horrible ville minière, froide et glauque ou nous passerons la nuit dans un hôtel de passe des plus pourris (oui oui aussi pourri que le Honduras mais en version froide!! donc on dormira dans notre sac de couchage!).

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Pour un long voyage, faire un stock de pain!

De là, nous allons rejoindre la grouillante Huancayo où les gens ne doivent pas souvent voir de touristes. Ils nous interpellent dans la rue pour savoir d’où l’on vient  nous font la bise et nous invitent dans leur églises!!

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Gare de bus de La Union. Plus Royal tu meurs!

Quelques centaines de kilomètres plus au Sud nous feront étape à la très agréable Ayacucho ou nous débarquons en plein défilé de candidats aux prochaines élections régionales: ambiance! Le lendemain nous faisons étape à la petite mais pleine d’activité en ce dimanche de féria : Andahuaylas.

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Et pour les voyages en montagne ne pas oublier une petite laine 😉

Puis ce sera notre nuit de bus la plus horrible de notre vie … dans un bus plein à craquer niveau passager (tous avec leur couverture et leur ration de bouffe pour la nuit donc un peu odorant tout ça!) et les soutes pleines à  ras bord, tellement pleine que à chaque trou dans la piste ou à chaque dos d’âne on sent bien que les amortisseurs sont au max et que les roues raclent un peu le châssis!! Puis nous arrivons dans certainement la partie la plus critique du chemin: chaleur et odeur à son maximum dans le bus, on roule au pas, le bus balance d’un côté puis d’un autre, les gens dans le bus crient au chauffeur   »despacio despacio, con cuidado » (doucement, doucement, avec prudence! » heu on s’accroche aux accoudoirs, on essaie de ne pas imaginer le vide et l’état de la piste et on espère que ça ne va pas durer…. puis 2 heures plus tard, pause pour réparation d’une roue crevée à 2  heures du mat’ au bord d’une piste énormément fréquentée vue l’heure! (non ce n’est pas ironique, il y avait beaucoup de circulation). Nous arriverons finalement avec 4 heures de retard à Cusco!

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Vue depuis notre hôtel à Ayacucho

Record La Union- Hunuco : 140 km – 4 h , pire qu’un weekend de chassé croisé de vacances d’été sur les route de France (sans oublier, la poussière, la chaleur et zéro sécurité!)

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Classé dans Amérique du Sud, Pérou

Vallunaraju, 5686 métres


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Vallunaraju en redescendant

14 juillet, jour férié en France, nous partons sur un glacier. Après avoir longuement recherché une agence fiable et qui n’exploite ni les hommes ni les animaux, nous partons avec Quechuandes. Nous arrivons à l’agence et préparons nos sacs avec le matériel prêté, crampons, piollet, sac de couchage -20C… Marie, originaire de Belgique mariée à un Péruvien nous prépare snacks et sandwichs pour le midi. On monte dans le taxi qui nous attend au coin de la rue. Alors : c’est la pire route en taxi de tout le voyage, un tracteur ou un quad auraient été plus appropriés pour ce type de route, des cailloux dans tous les sens et les trous qui vont avec… Pendant 2h à rouler au pas, des bling et blang de temps en temps qui accrochent le font de la voiture.

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vue du campement, la vallée

Altitude 4200 m. On arrive à destination et on peut commencer la randonnée vers le campement. C’est vraiment raide et le guide avance d’un pas assez soutenu. D’autant plus difficile à suivre qu’on a des sacs bien chargés (17 à 20 kg). Nous n’avons pas pris l’option porteur, comme d’habitude! Le chemin étant trop raide pour les ânes dans cette partie de montagne, ce sont des humains qui portent ici le sac des randonneurs! On mange notre pic-nique à mi-chemin. Vers 14h30 nous arrivons au campement, où nous montons tente et installons nos affaires. Nous sommes à 4900m maintenant. Pas trop mal à la tête, mais nous buvons tout de même un maté de coca. On devait aller jusqu’au glacier pour un entrainement, mais nous restons derrière la tente sur un petit bout de névé. L’explication n’est pas longue. On fait une micro sieste pendant que le guide cuisine. On rejoint pour manger un soixantenaire qui vient des USA, parti avec la même agence mais avec un guide pour lui. Car pour un glacier, il faut un guide pour 2 personnes. On mange difficilement en raison de l’altitude… Et on en laisse beaucoup pour les renards. On contemple le soleil qui se couche sur les sommets enneigés tout autour de nous en buvant un dernier maté. Il est 18h30, on va se coucher. Réveil prévu pour minuit. On a dû s’endormir vers 21h, nous avions très mal à la tête et froid malgré la tente 4 saisons et les sacs de couchage -20C… Et il y avait aussi les bêtes qui jouaient autour de notre tente et qui se prenaient les pattes dans les tendeurs!!

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coucher de soleil

Debout à 00h30, on prend une demie heure pour mettre toutes nos couches dans le froid, pas facile! Puis, petit-déj avec maté de coca, pain beurre confiture. Encore une fois très difficile de manger! À 1h30, les bottes de montagne aux pieds, nous partons pour le glacier. Il y a 1/2 heure de marche, enfin d’escalade. Les parois de roches sont très raides et lisses et avec des chaussures aussi raides et inconfortables aux pieds c’est quasi mission impossible. Mais bon, on y arrive quand même, même si sur la route, je me demande ce que je fous là!? 1h du matin en pleine nuit, à 5000m d’altitude, à faire de l’escalade avec des chaussures rigides et handicapantes aux pieds …?! Pour que vous ayez une idée : imaginez escalader avec non pas des après-ski mais des bottes de ski ! Ben croyez moi, c’est loin d’être facile. Bref, après 20min de galère, on arrive aux pieds du glacier. On ne voit toujours pas le sommet, ni le chemin d’ailleurs, mais on le devine à la lueur de la frontale sur le casque! On chausse les crampons. On s’encorde, le guide devant, moi au milieu et Alice derrière. Et c’est parti pour une montée progressive et lente. Il fait quand même très froid, malgré notre technique de l’oignon… (consiste à enfiler épaisseurs vestimentaires les unes sur les autres). Bon toutes ces couches, l’altitude, le froid, l’ascension est très très lente. Nous ne distinguons pas du tout les pentes et leur degré mais nous montons petit à petit, poco a poco, avec de nombreuses pauses car qui dit altitude, dit manque d’oxygène et donc difficulté à respirer et reprendre son souffle. Un pas après l’autre. Malgré l’altitude, on ne boit pas beaucoup. De toute façon notre eau est gelée. On continue toujours un pas après l’autre tout doucement. Vers 4h30, on regarde l’heure, déjà 2h30 que nous marchons un pas après l’autre tout doucement. C’est un sentiment assez étrange de regarder autour de soi et de constater qu’il n’y a rien, rien d’autre que de la neige…. Toute cette étendue blanche à perte de vue éclairée par la pleine lune qui veille sur notre difficile avancée. On rattrape l’États-unien et son guide. Il nous lance « I’m running out of gas, where is the next petrol station » (comprendre je suis à bout, je n’ai plus de carburant, où est la prochaine station essence?). Fatiguées et épuisées, on essaie tout de même de l’encourager à continuer. Les 2 guides sont plus mitigés et nous disent qu’il faut garder de l’énergie pour redescendre. Certes, mais on trouve ça un peu abusé, et on leur fait remarquer qu’ils sont censés nous encourager. Nous on veut continuer, surtout que le jour ne va pas tarder à se lever. Malgré les ampoules des bottes qui me heurtent et me font rager à chaque pas, »fucking boots », on continue et je veux vraiment arriver en haut. Chaque pqs est douloureux et de plus en plus difficile. Les pauses sont de plus en plus nombreuses, presque à chaque pas. Le soleil arrive arrive bientôt… Le guide nous indique des seracs (bouts qui se détachent du glacier)et qu’il ne faut pas trop s’arrêter… Puis, il y a des crevasses, il faut passer très vite. Au plein coeur du réchauffement climatique, même si on n’a pas le temps d’y penser à ce moment précis… Puis, nous y sommes! Le soleil nous offre des lueurs magiques, et enfin on peut voir de l’autre côté de la montagne, vue sur d’autres glaciers, levé du soleil…. Que dire?! Rien. Juste contempler. C’est magique.

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en haut

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lever de soleil, d’un côté

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de l’autre

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Nous en haut

On admire silencieusement le paysage. Puis assez vite, nous entamons la descente, très intéressante car la lumière du jour révèle les trous béants et vertigineusement profond des crevasses… Impossible d’estimer de combien? des centaines, des milliers de mètres… Pas le temps de s’y attarder, la zone n’est pas très sûre! La lumière du jour éclaire maintenant le chemin que nous avons emprunté et je réalise mon exploit personnel! Les pentes sont tellement raides! Incroyable que je sois parvenue à les grimper. Si je les avais vues, je ne m’en serais pas sentie capable psychologiquement! Merci la nuit! Rien n’est impossible… Les paysages bleutés, la neige à perte de vue et le soleil qui illumine toute cette étendue, c’est magnifique!

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Crevasse

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Plus on descend et plus les pentes sont pentues. Le guide baille chaque fois qu’on s’arrête pour prendre des photos c’est assez énervant, mais tant pis, nous on revient pas demain! Bon c’est vrai, il faut poser les bâtons, enlever les gants, sortir l’appareil… Et comment ne pas prendre de photo? comment ne pas essayer de capturer cette pureté?! Il semble très pressé de rentrer, à peine arrivé à la fin du glacier, il passe des coups de fils alors qu’on fait une pause pour manger quelques graines et nous asseoir. Bon entre les baillements et les coups de téléphone, il nous presse pour redescendre, on a vraiment l’impression qu’il n’a pas envie d’être là!! vallu 6 Vallu 5 Vallu 4

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On arrive au campement, on range tout. Lui nous fait une soupe… Pas bonne! Ce devait être l’autre guide qui a cuisiné la veille au soir! Bon, puis il nous dit de commencer à redescendre et qu’il nous rejoint. c’est ce qu’on fait lentement… Nombreuses chutes pour ma part car beaucoup de boue et de fatigue! Enfin en bas, le taxi nous attend… Impossible de dormir dedans car la route est dans le même état que la veille!

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où est Alice?

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