Ma job dans les fleurs!


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Acer, Dianthus, Euonymus, Gleditsia, Ipomoea, Nierembergia, Sempervivum, Syringa… D’un bout à l’autre de la planète les noms latins sont utilisés pour la reconnaissance des végétaux. Notre arrivée à Sherbrooke a été pour moi une plongée dans la littérature horticole latine. Des arbres, aux arbustes en passant par les fruitiers, connifères et autres branchus, feuillus en tout genre, je me suis immergée et même submergée par ce nouveau dialecte.

Mon lieu de travail.

Arboculture oragesque

Depuis début avril, je travaille dans un centre de jardin, ou jardinerie pour la saison estivale qui dure 2 mois. Car si le jardin n’est pas commencé avant mi-juin, les récoltes seront compromises en raison des premières gelées de septembre. Mon lieu de travail se situe à Sherbrooke, mais à proximité de Lennoxville, grosse communauté anglophone du Québec (détail très important pour comprendre la suite de l’article).

Le travail, les travaux

Le fun* a été de tout classer en ordre alphabétique latin, car les étiquettes sont en latin! C’était donc parti pour un défilé de Helianthus, Juniperus, Malus et de Quercus etchétera*. Bref tout cela doit avoir un sens, mais lequel?? La moitié de la clientèle est anglophone, et ne connait ni le nom latin, ni le nom français. Quant à l’autre moitié, elle se moque bien du nom latin.

Après toute cette installation de près de 300 arbres, 500 arbustes, 1200 vivaces, et quelques milliers de légumes et plantes annuelles, c’est parti pour l’épreuve de la vente! Et le plus difficile n’est pas de dompter la caisse enregistreuse, mais de répondre aux questions des clients. Voici les meilleures.

Top 5 des questions des jardiniers du dimanche:

5. « Je cherche une grande fleur rouge, comme chez mon voisin… vous voyez? »*

4. « Je cherche une fleur avec des feuilles. »*
4bis. « Je cherche un arbre, grand, avec des feuilles de trèfle mais c’est pas vraiment comme des feuilles de trèfle…? »*

3. « Vous auriez des lingettes pour laver les feuilles des plantes? »*

2. « Mon prunier il a eu des fleurs et maintenant il a des p’tites boules sur les branches, c’est normal? »*

1. « Le fumier de poule?! Mais on ne va pas attraper des maladies de poules si on jardine avec? « *

azalée Arboculture

Il y a les désespérés qui vous montre les photos de leurs plates bandes, et demande un aménagement. Il y a les soumis, envoyés par leurs femmes avec une liste précise de ce qu’il faut acheter. Il y a les fiers qui reviennent avec la photo de la plantation. Il y a les cools, qui arrivent sans idée particulière, ouvert à tout achat. Il y a les flambeurs, qui dépensent pour 500$ de fleurs. Et il y a les chiants qui demandent s’il a des garanties sur les fleurs!! (non mais allô quoi!)

Et puis quand il n’y a pas de clients, il faut faire de l’arrosage, du désherbage, du nettoyage, du réapprovisionnement… Bref, parce que vous avec vos 2 jardinières et 15 m2 de jardin, vous pensez avoir du boulot!? Imaginez donc ça en puissance beaucoup!! Vivement les vacances!!

Arboculture, des fleurs mais surtout des sapins.

Je travaille pour un grand exploitant de sapins de Noël, médaillé de bronze au concours de couronne de Noël, attention ça ne rigole pas! Le genre d’exploitant qui exploite 20 000 acres (soit plus de 8000 hectares) et 40 Mexicains et Guatémaltèques en même temps. Ici, en Estrie, les sapins sont une mine d’or. Cette région est d’ailleurs surnommée « le triangle des sapins »*. Le Québec produit la moitié des sapins de Noël, exportés par le Canada. Soit plus de 1 million de sapin Baumier et sapin Fraser. Ce sont les États-Uniens qui achètent toute la production de l’Estrie. La moyenne d’une ferme de sapin québécoise est de 50 hectares, avec une production de 3300 arbres par hectare… Faites le compte.
Qui dit grosse concentration d’arbres, dit grosse concentration d’insectes parasites et donc grosse consommation de produits chimiques, imaginez donc l’état environnemental du coin!! Au milieu de tout cela, les élevages principalement laitiers tentent de maintenir le paysage ouvert avec leur vocation herbagère

Paysage Camillois

* en québécois dans le texte.

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3 Commentaires

Classé dans Sherbrooke

3 réponses à “Ma job dans les fleurs!

  1. Mum

    Intéressant ta job. J’ai fait le même job, en jardinerie en sortant de l’ENITH d’Angers en 1978. Te voilà avec une corde de plus à ton arc, après l’agriculture et l’élevage, voici l’horticulture. Du côté des questions des clients, je me souviens avoir des trucs du même genre.
    avoir

  2. Mum

    Marrantes loes situations, débiles les questions, bizarres les clients et parfois chiants. Oui, oui je vois très bien les fleurs du voisin. Là tu proposes tout et n’importe quoi pourvu que la plante ait des fleurs rouges.
    Courrage, c’est bien tôt la fin. Surtout n’y perds pas ton latin.
    Bises A+ Mum

  3. charlotte

    LOLadou ces questions, jaime

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